La balade débute sur la place Clément Balestra devant la Mairie. L'hôtel de Ville a été construit sur les structures d'une ancienne scierie qui a cessé son activité en 1954. Avant sciage, les billes de bois étaient entreposées sur cette place qui, à l'époque, n'était qu'un terre-plein boueux. Le bassin est alimenté par la même eau qui, à l'époque, fournissait l'énergie hydraulique à la machinerie de la scierie.
1 - Ancien moulin à huile Arnaud
Construit à la demande des sœurs du couvent de la Compassion en 1668, il est resté en activité jusqu'en 1974. La machinerie d'origine est bien conservée et en parfait état de fonctionnement. Le moulin à huile ne se visite pas.
2 - Place du pont
Elle porte le nom du pont principal construit en 1745 que vous venez de franchir. Ce pont a été élargi deux fois pour s'adapter au développement des transports et ainsi favorisé une activité importante depuis 1789. Aux 18ème et 19ème siècles, cette place était le lieu d'échange des équipages des diligences du courrier de poste et des passagers qui voyageaient entre la vallée du haut Gapeau et Toulon.
3 - La grosse fontaine
Construite en1800 (et non pas 1833 comme indiqué) elle est située sur l'ancienne place du troc où s'effectuaient les échanges commerciaux au 17ème siècle.
La fontaine est alimentée par deux sources pérennes, qui proviennent de la font du Thon et de Truébi. Elle comporte 4 surverses qui servaient à alimenter des propriétés privées.
4 - Rue du Rayol
L'école de musique, créée en 1971, est aménagée dans un ancien moulin à huile.
Le rayol signifie petit ruisseau en provençal. Sous vos pieds coule toujours la canalisation qui autrefois alimentait le moulin à huile. Au bout de cette rue vous empruntez un sentier aménagé le long du ruisseau avant de vous diriger à gauche sur le parking de l'école maternelle.
5 - Parking des jardins
Ce parking est construit sur un terrain qui autrefois regroupait plusieurs jardins potagers cultivés par les habitants du village. Lors des terrassements de cette aire de stationnement, un ancien cimetière gallo-romain daté du 2ème siècle après J.C. fut mis à jour. A gauche du bâtiment de l'école maternelle, dans le parterre, vous apercevez des pierres taillées qui étaient utilisées pour les tombes.
6 - Quartier des Bendelets
En sortant du parking vous rejoignez l'avenue de Valaury au quartier dit des Bendelets. L'origine de ce nom est liée à un fait historique peu commun. A Solliès-Toucas habitait un dénommé Marius Testanière qui possédait un grand troupeau d'ânes. Un jour, il eut la surprise de voir arriver la garde rapprochée de Bonaparte qui lui fit une commande quotidienne du lait de ses ânesses. On apprit ainsi que les trois sœurs de Napoléon, Elisa, Caroline et Pauline prenaient chaque jour des bains de lait d'ânesse pour entretenir la fraîcheur de leur visage. Voilà pourquoi, aujourd'hui, le quartier des Bendelets tire son nom déformé de "bains de lait".
7 - Avenue de Valaury
Cette route est une ancienne voie romaine construite par Trajan le conquérant. Au loin vous apercevez la colline du Matheron où fut organisée, en 1906, la dernière chasse au loup par le louvetier du village Léon Gauthier. A environ 50 mètres à droite après la maison d'hôtes "L'arbitelle" vous longez un ancien mur de 10 mètres de long en pierres parfaitement taillées. Ce mur fut érigé par Félix Guiol qui chaque jour ramenait des pierres qu'il taillait patiemment le soir à la veillée. Il les installait au petit matin avant de partir au travail sur les hauteurs du Pied de Lègue. La construction de ce mur a débuté en 1889 pour se terminer en 1897. Cette date est gravée sur une des pierres du mur.
8 - La Font du Thon
A cet endroit que se sont installés les premiers habitants de la commune. En 1501, arrivèrent deux italiens, les frères Tocasso, qui se fixèrent entre les rives du Gapeau et la source du Thon. Le nom francisé devint Tocasse, Toucasse, puis Toucas. C'est ainsi qu'est né le village de Solliès-Toucas, qui au cours des siècles s’est étendu le long du fleuve sur la rive droite.
En ce lieu, trois sources jaillissent. La source d'Octon, du nom d'un des premiers habitants du secteur, est à l’origine de la dénomination historique de ce lieu. En patois, cela devint au fil du temps Fouan d'Ouctoun, nom, qui par traduction, a donné en français celui que nous connaissons aujourd'hui, Font du Thon. Devant les buses supportant la route vous pouvez apercevoir la source du Bouillidou qui sort de terre. L'eau captée de ces sources alimentait le village et quelques moulins à huile. Aujourd'hui encore cette eau alimente plusieurs fontaines du village et plusieurs canaux d'irrigation.
9 - Oratoire
En remontant sur la route, à gauche, vous passez devant un oratoire daté de 1779 dont la niche contient six statuettes : une Vierge, un Saint Joseph, deux Saint Antoine et une peinture naïve sur bois qui pourrait représenter Saint Sébastien. Edifié au 18ème siècle, détruit, il a été reconstruit par la municipalité en 1967.
10 - Pont romain
Encore une vingtaine de mètres et vous prenez à droite un chemin de terre entre les propriétés. Ce chemin est un vestige de l'ancienne voie romaine. Vous arrivez à l'entrée d'une propriété mais pas d'inquiétude le chemin est sur le domaine communal. Remarquez au passage, au pied de l'escalier, une ancienne borne en pierre taillée sur laquelle est gravée une croix. Cette borne rappelle le passage de Louis IX en cet endroit.
Prenez à gauche puis à droite avant le grand portail pour retrouver le chemin de terre (ancienne voie romaine) qui longe le ruisseau. Au bout de ce chemin et parallèle à la passerelle vous découvrez un ancien pont romain qui date d'environ 2 000 ans époque de Trajan le conquérant.
Traversez le pont pour rejoindre la route de Valaury et repartir vers la gauche. Marchez jusqu'au panneau STOP puis prenez encore à gauche sur le pont qui enjambe le ruisseau de Valaury pour revenir jusqu'à la Font du Thon. Reprenez l'avenue de Valaury à droite jusqu'à la maison d'hôtes de l'Arbitelle.
11 A travers les jardins
Après la maison d'hôtes "L'Arbitelle", sur votre droite avant le transformateur EDF, vous descendez quelques marches pour emprunter sur un chemin aménagé. Au bout, au partage des eaux, vous empruntez à droite le chemin de terre qui longe le canal d'irrigation puis à gauche le long du ruisseau. Vous passez en bordure de jardins pour aboutir dans l'impasse des martelières. Au bout, prenez à droite en direction du pont de table.
12 - Le pont de table et la fontaine
Le pont prend son nom au 19ème siècle. Le précédent ouvrage fut emporté par les inondations du 8 septembre 1871 et pour remédier à cette situation, les habitants du quartier eurent l'idée de le remplacer par des tables astucieusement juxtaposées, d'où son nom actuel.
Après le pont, prenez à gauche jusqu'à la fontaine du pont de table datée de 1870. L'eau qui coule de cette fontaine est potable et possède des qualités ferrugineuses nécessaires à l'organisme. Profitez en pour vous désaltérer.
Au même endroit, à droite de la fontaine, vous apercevez un ancien lavoir en partie muré.
13 - Oratoire Saint Jean-Baptiste
Revenez sur vos pas et dirigez vous vers l'impasse de la Garnière à gauche après le pont de table. Au passage, après le pont, vous découvrirez l'oratoire Saint Christophe qui abrite une madone blanche. Il a été restauré en 1967 par la municipalité sur le modèle de celui de Saint Christophe situé à l'entrée du village. Le précédent avait déjà été reconstruit après avoir été démoli en 1904 par des vandales.
Vous allez jusqu'au bout de cette impasse pour emprunter un sentier étroit entre deux propriétés. Au bout du sentier vous prenez à droite pour suivre le canal d'irrigation. Vous arrivez au début de la rue des écoles.
14 - Rue des écoles
Sur le parking, vous apercevez le bâtiment de l'ancienne école construite en 1913.
La fontaine de la place des écoles fut construite en 1899. Alimentée par la source du Thon elle apporte un point de fraîcheur au quartier qui vit la première occupation romaine s'installer à cet endroit il y a 2 000 ans.
Plus loin, la fontaine de la Bigoune est très appréciée des Toucassins pour la qualité et la fraîcheur de son eau.
Au numéro 22 de cette rue, vécut Jean-François Escudier. Né dans le village le 16 décembre 1759, il était le fils d'un riche marchand de drap. Il fut élu député du Var à la Convention et vota la mort du roi Louis XVI le 20 décembre 1792. Accusé d'avoir fomenté une révolte à Toulon, il fut arrêté le 27 mai 1795 mais bénéficia de l'amnistie de brumaire an IV. En 1816, frappé par la loi d'exil, il se réfugia à Tunis puis revint en France en 1819. Il décéda le 14 avril 1819 à Toulon.
Au numéro 11 de la rue, vécut Pierre Fouque qui fut enrôlé de force dans l'armée de Bonaparte. Caporal au 5ème bataillon de chasse de l'infanterie légère, il fut condamné à mort pour désertion et fusillé le 10 floréal an II. Il avait 27 ans.
Arrivé au bout de la rue vous redescendez par la droite après la fontaine pour rejoindre votre point de départ sur la place Clément Balestra.